Le réconfort du nombre zéro

Dans un précédent post culinaire, nous avions vanté le pouvoir revigorant des pâtes à la carbonara. Ceux parmi vous qui sont parvenus à réaliser la recette pourront témoigner de ses effets régénérateurs. Ceux qui, par contre, ressentiraient encore des carences, sans doute plus profondes, ancrées dans la sphère du psychologique et d’une maigre estime de soi, trouveront peut-être maintenant du réconfort à la lecture de l’un des plus connus poètes romains : Trilussa.

nummeriConsidéré avec Gioacchino Belli comme le principal représentant de la langue romanesque, il partage avec lui une ironie cinglante et un cynisme effronté, l’aversion des puissants, l’amour pour le peuple et sa populaire noblesse.

Par sa brève poésie “Nummeri”, qui date de 1944 et fait clairement référence à la parabole fasciste des petits hommes qui se firent grands, Trilussa vous offre un petit remontant au cas où vous avez la dignité de vivre sereinement la modeste conscience de votre normalité et de ne pas accorder à la légère votre consentement à qui en fera piètre usage, décidément.   Lire la suite