Le cinéma romain de Luigi Magni

Il y a un réalisateur romain qui, plus que tous, a cherché de porter à l’écran Rome et l’esprit traditionnel des Romains: il s’appelle Luigi (Gigi) Magni, 1928-.

A partir de 1969 (avec « Les conspirateurs ») et pour au moins 20 ans, il s’est « spécialisé » dans des films entre histoire et farce, situés dans la Rome papale du XVIème ou du XIXème siècles.

Dans une forte veine anticléricale, mais avec une manifeste admiration pour les hommes, les idées et les sentiments.

Les conspirateurs Les protagonistes de ces pellicules sont souvent des héros qui déclinent un héroïsme de « cru romain » : des carbonari révolutionnaires destinés sans beaucoup de gloire à l’échafaud, des écrivains clandestins et subversifs (dans la tradition de la statue parlante du « Pasquino »), des hommes d’Eglise éclairés avec quelques faiblesses humaines et un certains sens de l’ironie, comme le Filippo Neri de « State buoni se potete » ou le père Colomb de « Au nom du pape roi », ou encore l’astucieux Felicetto de li Caprettari de « Mesdames et Messieurs, bonsoir », le Cavaradossi ou la Tosca de l’opéra puccinien.

En toile de fond, il y a une ville qui montre à travers ses ruines le lourd fardeau de la gloire passée et, au premier plan, l’austère puissance de l’Eglise de Rome, peut-être oublieuse de sa propre mission d’instruction pastorale. Au milieu, le peuple veule et le plus souvent ignorant se traîne avec une indolence résignée. Lire la suite