Quand s’ouvre le kiosque de la grattacheccha…

Dans les rues de Rome, les kiosques sont des repères, des lieux de halte et de croisement pour le sourire des habitués.

Certains matins non pressés, on salue plus longuement le marchand de journaux du quartier, on choisit sa revue préférée, puis on décide de feuilleter au bar sa Repubblica ou son Corriere. L’edicola est rarement fermée, elle suit le fil des actualités, du coin familier puis du monde éloigné, voire étranger.  

Les kiosques à fleurs, ouverts jusqu’à très tard, surprennent, offrant au regard une jolie impression : chacun pourrait avoir l’envie ou le besoin d’offrir des couleurs à la nuit. Les fleuristes, au sens de magasins spécialisés en décoration florale, ne se développent ici que depuis peu d’années. Généralement, le Romain invité à manger chez des amis, apporte une  bouteille de vin ou un dessert, le plus souvent de la glace ou des pâtisseries.

le kiosque de la grattacheccha

Le kiosque de la grattachecca, lui, est un des symboles de l’été. Cette boîte rectangulaire et austère est fermée de novembre à mai, avec ses volets sombres ou verts. Les cerisiers fleurissent, les platanes le long du Tibre se reverdissent, le beige remplace brusquement l’élégance noire des vêtements, les premières chaleurs approchent. Et puis, un jour, un jour, le parallélépipède s’ouvre, s’anime, s’articule – mère et fils, mari et femme, avec un entrain nouveau, donnent coups de brosse et de pinceau. Coulisses à ciel ouvert pour une ouverture toute proche. Lire la suite