Le réconfort du nombre zéro

Dans un précédent post culinaire, nous avions vanté le pouvoir revigorant des pâtes à la carbonara. Ceux parmi vous qui sont parvenus à réaliser la recette pourront témoigner de ses effets régénérateurs. Ceux qui, par contre, ressentiraient encore des carences, sans doute plus profondes, ancrées dans la sphère du psychologique et d’une maigre estime de soi, trouveront peut-être maintenant du réconfort à la lecture de l’un des plus connus poètes romains : Trilussa.

nummeriConsidéré avec Gioacchino Belli comme le principal représentant de la langue romanesque, il partage avec lui une ironie cinglante et un cynisme effronté, l’aversion des puissants, l’amour pour le peuple et sa populaire noblesse.

Par sa brève poésie “Nummeri”, qui date de 1944 et fait clairement référence à la parabole fasciste des petits hommes qui se firent grands, Trilussa vous offre un petit remontant au cas où vous avez la dignité de vivre sereinement la modeste conscience de votre normalité et de ne pas accorder à la légère votre consentement à qui en fera piètre usage, décidément.   Lire la suite

Le cinéma romain de Luigi Magni

Il y a un réalisateur romain qui, plus que tous, a cherché de porter à l’écran Rome et l’esprit traditionnel des Romains: il s’appelle Luigi (Gigi) Magni, 1928-.

A partir de 1969 (avec « Les conspirateurs ») et pour au moins 20 ans, il s’est « spécialisé » dans des films entre histoire et farce, situés dans la Rome papale du XVIème ou du XIXème siècles.

Dans une forte veine anticléricale, mais avec une manifeste admiration pour les hommes, les idées et les sentiments.

Les conspirateurs Les protagonistes de ces pellicules sont souvent des héros qui déclinent un héroïsme de « cru romain » : des carbonari révolutionnaires destinés sans beaucoup de gloire à l’échafaud, des écrivains clandestins et subversifs (dans la tradition de la statue parlante du « Pasquino »), des hommes d’Eglise éclairés avec quelques faiblesses humaines et un certains sens de l’ironie, comme le Filippo Neri de « State buoni se potete » ou le père Colomb de « Au nom du pape roi », ou encore l’astucieux Felicetto de li Caprettari de « Mesdames et Messieurs, bonsoir », le Cavaradossi ou la Tosca de l’opéra puccinien.

En toile de fond, il y a une ville qui montre à travers ses ruines le lourd fardeau de la gloire passée et, au premier plan, l’austère puissance de l’Eglise de Rome, peut-être oublieuse de sa propre mission d’instruction pastorale. Au milieu, le peuple veule et le plus souvent ignorant se traîne avec une indolence résignée. Lire la suite

L’Amatriciana, de la tradition à la maison

Spaghetti all'amatriciana

Spaghetti all’amatriciana ( internet )

Dans toute l’Italie centrale, il est bien connu que les pâtes all’amatriciana tirent leur nom de la petite ville d’Amatrice, située peu au nord de Rome. Néanmoins, des voix discordantes ouvrent les polémiques sur l’origine de ce plat et de sa jumelle “en blanc”, c’est-à-dire sans tomates, la dénommée “gricia”. Nous tairons ici ces allègres désaccords, car nous préférons célébrer l’union des saveurs et privilégier la recette.

L’amatriciana est une préparation simple. Sa seule vraie difficulté consiste dans la réussite de l’amalgame des parfums du guanciale* avec la tomate, tout en veillant à ce que la sauce ne prenne pas un petit goût de brûlé. Pour cela, nous vous proposerons aussi une variante de la tradition.

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Recette des Spaghetti alla Carbonara

Ingrédients pour 4 personnes:

spaghetti : 400 gr

guanciale * : 150 gr

pecorino romano fraîchement râpé : 100 gr

œufs : 3 entiers + 2 jaunes

poivre noir à volonté

vin blanc, un tout petit peu, éventuellement

 

*guanciale Le « guanciale » est une sorte de lard préparé avec les bajoues du porc. Essayez d’en trouver dans un magasin italien, car sa consistance est unique et sa graisse très goûteuse. A défaut, utilisez de la pancetta ou du lard de poitrine de bonne qualité.

Si vous vous sentez à plat, une belle assiette de spaghetti à la carbonara vous remontera ! C’est en tous cas ce que prétendent ses défenseurs et partisans. Et, à Rome, la robuste et nourrissante « carbonara » est l’un des plats les plus appréciés. Certes, la carbonara ne convient pas parfaitement à un régime amaigrissant, mais il s’agit en tous cas d’un repas riche, avec des hydrates de carbone, des protéines et des graisses. Les recettes varient légèrement selon les goûts. Et, soyez-en sûrs, chaque Romain détient son petit secret pour obtenir une carbonara meilleure que celle des autres…

Et nous aussi, de Tour àRôme, nous avons quelques ficelles à vous confier!

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